L'alimentation

Introduction et avertissement

L’alimentation n’est pas la cause de la colopathie mais certains aliments peuvent aggraver la maladie en irritant les intestins ou en accélérant le transit, par exemple.

Tout d’abord, il est primordial de se rappeler qu’il ne faut en aucun cas retirer toute une catégorie d’aliments (féculents, légumes verts, etc.) de votre alimentation. Notre corps a besoin d’une alimentation diverse et équilibrée. Les problèmes engendrés (anémie, carences en vitamines, ostéoporose) pourraient se révéler bien plus néfastes que la colopathie.

Les conseils de cette rubrique visent simplement à vous aider à détecter le ou les aliments qui peuvent vous poser problème. Chaque personne est différente et réagira de façon différente par rapport à certains aliments. Ce qui est mauvais pour quelqu’un peut être bon pour quelqu’un d’autre et vice versa. Il existe cependant des aliments qui ont pour effet connu de provoquer des gaz ou accélérer le transit.

C’est pourquoi il est très utile pour nous colopathes de noter dans un carnet pendant 2 ou 3 semaines exactement ce que nous mangeons, et les symptômes ressentis, et de faire le bilan sur les aliments qui semblent poser problème. Ensuite, essayez de retirer ces aliments un a la fois pendant une ou deux semaines afin de vérifier s’il y a ou non amélioration des symptômes. Cela peut prendre un peu de temps mais c’est beaucoup plus sain et efficace que de retirer systématiquement tous les aliments qui posent problème chez certaines personnes !

Si vous pensez changer votre alimentation, n’oubliez pas de consulter votre docteur avant tout changement important !

Liens entre alimentation et colopathie

L’alimentation n’est que très rarement la cause des symptômes, et, si elle l’est, il ne s’agit en fait pas d’une colopathie mais d’une intolérance ou allergie alimentaire. Néanmoins, ajuster son alimentation peut souvent aider à réduire les symptômes. Il a été démontré que certains aliments peuvent aggraver les symptômes chez les colopathes, car nos intestins sont plus sensibles que la moyenne. Il faut noter que les problèmes liés aux aliments sont très rarement des allergies (comme les allergies aux noix ou aux fruits de mer) mais des intolérances !

Les aliments ayant été associés à une aggravation des symptômes incluent :

- Les graisses

Quand les graisses entrent dans le système digestif, une hormone appelée CCK (cholecystokinine) est sécrétée. Cette hormone stimule les contractions du côlon, donc vous pouvez imaginer vous-même les conséquences d’un repas trop gras !

- L’alcool, le café et la caféine

Ce sont tous des irritants du système digestif. La caféine (qui se trouve malheureusement aussi dans le chocolat) peut stimuler les contractions du côlon. Quant à l’alcool, il semblerait que le vin rouge soit particulièrement néfaste pour les colopathes.

- Le sorbitol

Le sorbitol est un édulcorant utilisé dans les chewing gums et bonbons « sans sucre » et dans certains aliments élaborés comme stabilisant. Il a un effet laxatif car il n’est pas bien absorbé par l’intestin grêle et se retrouve donc dans le côlon où il est partiellement digéré par les bactéries, provoquant des gaz, et entraîne une diarrhée osmotique (réabsorption d’eau dans le côlon pour produire un équilibre de concentration de molécules).

- Le fructose

Comme le sorbitol, le fructose peut être mal absorbé par l’intestin grêle, et donc se retrouver dans le côlon, causant gaz et diarrhées. Certains fruits, tels que le raisin, les poires et les pommes, contiennent beaucoup de fructose. Certaines personnes réagissent également fortement aux jus de fruits et aux citrons et oranges. Les fruits secs et le miel ont également une forte teneur en fructose. Cependant, rappelez-vous que les fruits sont aussi une source indispensable de fibres et de vitamines et qu’il ne faut donc pas tous les éliminer. A vous de trouver quels sont ceux qui vous conviennent le mieux. Les bananes sont réputées pour être un aliment sûr pour les colopathes par exemple! Le sirop de glucose à haute teneur en fructose (High Fructose Corn Syrup) est un additif des boissons sucrées (telles que Seven Up, Coca Cola, Sprite) mais aussi d’autres types d’aliments (céréales, glaces). Donc si vous pensez avoir des soucis avec le fructose, pensez à lire les listes d’ingrédients de ce type d’aliments !

- Le lactose

L’intolérance au lactose est due à une déficience assez commune (très commune chez les asiatiques) en lactase, l’enzyme responsable de la dégradation du lactose. Le lactose n’étant pas digéré, il passe donc dans le côlon où les bactéries du côlon le fermentent en partie, produisant des gaz. Le reste du lactose attire de l’eau dans le côlon (par phénomène d’osmose) et engendre des diarrhées. Les symptômes de l’intolérance au lactose sont donc quasiment identiques aux symptômes de la colopathie (selles liquides, crampes, gaz) et sont ressentis entre 30 minutes et deux heures après ingestion de produits contenant du lactose (produits laitiers mais aussi certains autres produits où le lait ou un de ses composés est utilisé en additif). Selon une étude, 25% des colopathes seraient intolérants au lactose, contre 5% des non-colopathes. Il existe des tests pour diagnostiquer l’intolérance au lactose. De plus, il existe aujourd’hui des produits laitiers sans lactose, et des suppléments enzymatiques de lactase qui permettent de continuer à consommer des produits laitiers, ce qui est essentiel à cause de l’apport de calcium par les produits laitiers.

- Certains légumes

Les choux, choux de Bruxelles, brocolis, lentilles, haricots rouges, flageolets, oignons... Tous ces légumes contiennent du souffre et entraînent une production de gaz qui peut être très inconfortable chez les colopathes au côlon déjà très sensible.

- Les fibres

Un aliment un peu complexe... Vous avez peut-être tendance à éviter les fibres car elles ont la réputation d’accélérer le transit (ce qui est la dernière chose dont nous avons besoin!) mais elles ont aussi l’avantage de donner plus de consistance aux selles, et donc finalement de ralentir le transit en cas de diarrhée.

Il faut cependant choisir son type de fibres. Il existe deux types de fibres : les fibres solubles et les fibres insolubles. Les fibres solubles forment une sorte de gel en présence d’eau, ce qui est recommandé en cas de diarrhée afin de donner plus de consistance aux selles. Voici des exemples d’aliments riches en fibres solubles : avoine, riz blanc, pâtes, pommes de terre, carottes, champignons, avocats, mangues, papayes, navets, patates douces, pommes, oranges, brocolis, artichauts, pruneaux, poix chiches... Tous ces aliments sont à consommer sans modération, car ils permettent de calmer le système digestif. Vous pouvez également prendre un supplément de fibres telles que le psyllium sous forme de poudre. Cependant, il faut toujours commencer par une faible dose et augmenter doucement, et ne pas s’affoler si les symptômes commencent par empirer légèrement avant de s’améliorer. Le corps a parfois besoin de temps pour s’habituer. Le problème des fibres est qu’elles peuvent avoir comme effet secondaire de créer plus de gaz.

Les fibres insolubles, comme leur nom l’indique, ne se dissolvent pas dans l’eau, et permettent donc de conserver de l’eau dans les selles, ce qui est utile en cas de constipation. Les fibres insolubles se trouvent dans les farines complètes, le son, les légumes et fruits (surtout leur peau). Il est donc impossible et une très mauvaise idée de les éliminer complètement car la plupart des aliments équilibrés en contiennent ! Mais si vous êtes sensibles aux fibres insolubles, veillez à :

  • ne jamais les consommer sur un estomac vide
  • peler les fruits avant de les manger
  • en consommer avec une large quantité de fibres solubles

- Le gluten/blé

Si votre journal révèle des problèmes suite à l'ingestion de gluten (présent dans le blé et autres céréales donc le pain, les pâtes, les pizzas, etc...), vous êtes peut-être atteint de la maladie cœliaque. Il s'agit d'une intolérance au gluten, une protéine présente dans le blé, l'avoine, l'orge et le seigle. Cette maladie n'a rien à voir avec la colopathie, et il est nécessaire de consulter un docteur si vous pensez en être atteint car cette maladie peut causer des dommages au niveau des intestins et des problèmes d'assimilation des autres aliments. Les symptômes sont différents selon les individus, les plus courants sont la diarrhée, l'expansion abdominale, la perte d'appétit et de poids la fatigue et les vomissements. Mais il peut y avoir d'autres symptômes moins évidents comme les carences.

Quelques trucs qui peuvent aider :

  • Certaines fibres
  • Boire beaucoup d'eau
  • Manger des petites quantités plus souvent
  • Eviter de manger trop gras
  • Limiter la caféine et l'alcool
  • Limiter le fructose et le sorbitol et vérifier sa tolérance au lactose
  • Tenir un journal alimentaire sur deux ou trois semaines.

Fiches conseils

Voici deux fiches conseils distribuées par des gastroentérologues qui résument bien le type de régime adapté aux colopathes.

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